Ode à l'homme qui voulait être berger

Des heures durant tu nous contes batailles et fortunes,
Sans doute qu'alors nous rêvassons
Pendant que tu nous importunes.
En admirant ton Rosanvallon, nous te regardons,
Debout, fièrement sur ton épaule, ton écharpe orange dressée

Là tu t'arranges d'un ton théâtral,
En effrayant les uns, et amusant les autres
De tes solliloques sans queues ni têtes qui ont pour point départ les notes.

Mais nous ne sommes pas dupes !!!!!!!!

L'impuissance sur le visage, aimerais être un adage
En étant écouté tel un sage.
Tes pensées s'envolent, avec ta bergerie au loin,
Les moutons bêlent pour être entendus.
Ce bruit strident te sort de ton rêve,
Déjà la sonnerie résonne pour pour que tu te lèves

Alors, assis sur ton quotidien, tu commences,
Deux heures durant, sans t'arrêter, la Guerre Froide te tient en haleine,
Comme si tu en ignorais toute la peine.

Des mots plein la bouche, tu oublies,
Ta Corse natale et toutes ses brebis.
Des élèves rient dans les couloirs assombris,
De ton regard triste, tu espère ce pays.

Butor De La Barre