Chaos

Au beau milieu de ce décor immonde,
Au confins de l’univers,
Cachée sous mille décombres,
A vingt mille lieues sous la terre,
Là où la lumière n’est que pénombre,
L’éducation nationale sombre
Au plus profond du plus bas de tous les mondes.
Cimetière au fond de la mer, ou catacombes
Pour esprits oubliés, ou condamnés à rester dans l’ombre.

L’enseignement se décompose, lentement…
Professeur roi, élèves insolents ; élèves révoltés, roi arrogant ;
Prince fainéant, élèves abandonnés ; élèves perdus, empereur maladroit ;
Dieu tout puissant, élèves déficients ; élèves impuissant, professeur omniscient.
Enseignant un savoir, mais sans savoir pourquoi,
Le professeur se pavane, tel un âne, il emprunte des routes boueuses,
Pour expliquer quelques banalités ou pour passer la difficulté.
Et parfois, il se laisse emporter par trop de réflexions honteuses,
Pour noter, sans évaluer, sans corriger, ni tester une copie détestée.

Et l’éducation nationale s’éloigne,
A jamais a-t-elle quitté la Terre,
Pour céder sa place à l’enfer,
Car elle préfère s’effacer devant le chaos,
Car elle préfère échapper à tous ses maux…
Et c’est un ravage, un carnage, une hécatombe,
Sans violence, sans blessés, sans personne décédé,
Mais nombre d’élèves succombent,
Sur le commandements des généraux dégénérés.

Et le brouillard envahit cette éducation,
Et le feu se propage telle la peste ,
Maladie incurable, fléau manifeste de ce siècle,
Les flammes se répandent et s’étendent, embrasent
Cet empire, désormais sous l’emprise des tourbillons de feu,
Acteurs de ce spectacle apocalyptique, qui déchaînent le tonnerre,
Les éléments se mêlent et s’entremêlent, les éclairs fendent le ciel,
L’air n’est plus que fumée étouffante, et les cendres s’amoncèlent…
Alors que ce monde ne cesse de s’obscurcir.

J-J Ruisseau