Le contrôle sans intérêt, beaucoup de vous le connaissent.
Petit et frêle, il ne connaît l’échec.
Et pourtant personne n’en voit l’utilité.
Seuls de pauvres êtres le respectent.
Peut-être par pitié, peut-être par manque d’appréciation…
Que sais-je ? Enfin malgré sa vulnérabilité,
Il sait parfois se montrer expert en transformation,
Ou plutôt en démolition, destruction, dévastation, saccage, pillage…
Lui, le vandale, capable de mettre à mal une heure de déballage,
D’étalage d’un cours trop faible, d’un cours trop maigre.
Serait-il mercenaire, condottiere au service de Lucifère ,
D’un professeur vivant dans l’espoir honteux,
Scandaleux, ignominieux, méprisable, dégradant
De ne pas œuvrer pour la communauté,
La communauté des élèves abandonnés ?
Le contrôle trop long, tout le monde en a déjà souffert.
Lui, si gros, pansu, ventru, dodu ;
Et nous, perdus au beau milieu de cet océan
Aussi grand qu’éphémère et passager,
Mais tellement meurtrier,
Cause d’une trop grande pression
Et d’un nombre étonnant, surprenant, effarant, ahurissant
De dépressions chroniques, périodiques, permanentes.
Il faut se dépêcher, se presser, s’activer
Et toujours accélérer sans jamais se précipiter
Pour mieux avancer et arriver à un bon résultat.
Hélas, en plus de cela, nous devons nous appliquer,
Nous efforcer à bien présenter notre copie,
Comme si nous eussions dû montrer
Exposer, dévoiler un chef d’œuvre, hélas bâclée
Et gâchée, gâtée, avariée, pourrie, enlaidie, flétrie, putréfiée,
Par notre mécène n’admettant aucun retard au détriment de notre art.
Et pour finir par le pire, les contrôles incompréhensibles…
Contrôles indigestes, lourds, pesants, pénibles
Car comportant des questions prêtant à confusion,
Eparpillements et égarements, élucubrations et divagations,
Parenthèses et digressions, délires et hallucinations…
Et le professeur, notre psychiatre, ne daigne nous aider,
Nous mettre sur la voie, nous montrer le chemin.
Il est pour nous notre berger, notre étoile
Nous, misérables ours polaires
En pleine traversée du désert.
J-J Ruisseau