Douce rêverie
Il était un professeur qui trouvait le bien,
Là où d’autres cherchaient le mal.
Quelqu’un d’humain,
Pour le moins indulgent,
Mais sachant aussi ne pas tomber dans le laxisme étouffant.
Peu assidu,
Il s’en est souvenu, le jour venu,
Où, par hasard, un élève arrivait en retard.
Il était aussi quelqu’un dont la passion et la motivation
Ensorcelaient les élèves, écoutant toutes ses préconisations.
Son talent avait à jamais écrasé la notion de devoir.
Etrangement, discrètement, s’invitait en nous le savoir,
Mieux il y restait des jours, des mois, des années durant.
Cet enseignant semblait d’une telle modestie, d’une telle simplicité,
Que son aspect menaçant, immédiatement, disparaissait
Pour laisser la place à son caractère avenant.
Enfin avions nous le sentiment
D’avoir à faire à un être vivant,
Ou plus particulièrement, un humain
Avec qui nous pouvions discuter intelligemment
Sans être insulté d’insolent.
Il avait le pouvoir entre les mains,
Mais restait juste en toutes circonstances
Et quelles qu’en soient ses divergences…
"Il serait temps de se réveiller !!"
Quelqu’un crie ?
J’ouvre un œil, et je retombe dans cette triste réalité,
Je replonge dans cette infâme fatalité.
Je dormais, et maintenant on m’avertit :
"C’est la dernière fois que vous rêvez !
Sinon, c’est au bureau du directeur que vous terminerez !"
Pauvre censure qui ne sert à rien,
Il ne s’en rend pas compte, est-ce vraiment un humain ?
Pauvre professeur qui ne sert à rien,
Il n’arrive même pas à faire un cours, bien…
J-J Ruisseau