Elle et moi


Elle arrive, je l'attends. Je ferai tout pour elle, mais j'imagine qu'elle ne fera rien pour moi. Entre elle et moi, il y a eu un coup de foudre qui me paralyse à chaque fois que j'y crois, car à n'en pas douter elle me foudroie ; mais d'un autre côté sans elle je ne puis vivre, car seuls ses prestigieux éclairs pourront me faire survivre. J'attends notre rencontre, notre tête à tête, mais j'ai si peur de me rater que j'appréhende ce grand et important moment. Il me semble interdit de ne pas réussir ma mission qu'est d'en obtenir une bonne appréciation. Il me semble possible de réussir mon objectif qu'est qu'elle soit marquée de bien belle manière le soir de notre rencontre. Chaque minute, chaque seconde qui passe est un pas de plus. Un pas vers elle si je m'entraîne dans mes pensées à la décorer de mots justes. Un pas m'éloignant d'elle si je m'embrouille dans les formules des plus prestigieux corpus.

Une semaine avant le jour J je ne fais que penser à elle, matin, jour et soir. Je ne rigole plus trois jours avant. Je ne dors plus deux jours avant. Je ne mange plus un jour avant. Pensera-t-elle à m'offrir des cadeaux ? Des jeux d'enfants ? Une fleur ? Mon corps est devant mes livres de révision et ma conscience espère, mais mes pensées sont ailleurs. Et si je me ratais ? Si je m'embrouillais ? Si je bafouillait ? Pourrai-je, arriverai-je, réussirai-je à dire trois mots ?

Et vient le moment de cette rencontre si attendue. A l'oral, je bafouille. L'importance qu'elle représente pour moi fait que je n'articule pas. Je mélange les sons. Je mélange tout. Je sens que ça va faire mal, sur moi tombe le malheur, la peur me mange, ça flambe dans mon ventre. A l'écrit, ma main hésitante et tremblante dessine mal. Mon cœur bat à la chamade, aïe, il grille le feu et je me rend à l'évidence : l'interrogation va me plaquer. (HS et KO)

Charles Bol d'Air