Hymne aux machines
Penchés sur nos copies nos feuilles quadrillées
21 sur 29.7 - l’aire du désespoir
Et l’on écrit des mots et l’on trace des traits
La main fiévreuse - l’âme broie du noir
L’encre coule - tic tac - le sang se vide
Le stylo court - tic tac – tu es livide
Toutes ces pages pleines de formules douteuses
De plans en trois parties de conclusions creuses
Et ces lignes où s’échouent des signes mystérieux
Où pourrissent lentement des discours poussiéreux
Education Nationale – tu fabriques en chaîne
Des citoyens moyens des hommes sans problème(s)
Education Nationale – je vis entre des chaînes
Des limites raisonnables des barrières de bêtise
Et j’ai mal à mes rêves les murailles sont si grises
Et j’ai mal et j’en crève – est-ce cela, la haine ?
De l’autre côté du mur se consume un soleil
Que je ne peux toucher qui toujours m’émerveille
Mais la vitre s’élève
Entre la vie et l’élève
Silence on assassine
Gloire aux machines !
Simone de Bavoir