Les temps défilent

On est lundi, la semaine est partie ;
Nous sommes partis, vers la folie,
La folie des heures de cours, un jour de malheurs à l'infini.
Il n'est que six heures et demi
Et le temps en pause s'est mis,
Le temps que je pense à cette journée qui m'attend,
Le temps que je repense à ces journées d'antan,
Quand je souffrais en cours pendant tant de temps.
Et je me dis : "La fin de la journée vivement !"
Il est sept heures trente,
Et le temps s'est soudainement accéléré
Quand de mon lit je me suis déterré
De peur que le RER ne m'attende.
S'habiller, se laver, se coiffer, manger, marcher,
Courir,
Travailler, déjeuner, bosser, rentrer, taffer,
Dormir.
La journée est finie, mais déjà est parti le mardi.
Et tout recommence, sans temps pour que je pense.
Mercredi le travail. Jeudi le taf. Vendredi. Samedi.
Le temps est trop vite passé
La semaine est trop vite classée,
Je m'en suis rendu compte quand le temps
S'est mis à avancer tout à coup normalement
Pendant un bref temps, un court instant,
Le temps que je me repose, perdu dans quelques convictions moroses.
Et le temps a remis le turbo, quand le temps jusque là beau
Se mit à pleuvoir une pluie acide de devoir.
La journée est finie, et maintenant, c'est lundi,
Et comme je l'ai déjà dit : "la fin de la semaine vivement."
Vacances. Et à la rentrée je me dis : "la fin de l'Ecole vivement."
Et je réfléchis et imagine qu'après l'Ecole : "la retraite vivement."
Et là c'est un énorme coup de massu que je prends car je comprends
Que c'est ainsi que défile le temps, le temps qu'on vit,
Et sans qu'on ne s'en rende compte, défile la vie
Car le temps s'en va à cent à l'heure ; sauf quand
Il s'arrête pour qu'on réalise un moment,
Pour qu'on pense durant un instant,
Pour qu'on souffre un temps.

Charles Bol d'Air