Prose des Translycéens et de la grosse panne de France
Il y a d'abord celui qui écrit
Je forme une entreprise, dans laquelle vous et moi je l'espère serons épris,
durant laquelle mes amis et moi par l'Adulte serons mépris,
et dont le but sera de montrer aux êtres Supérieurs des jeunes dans toute la vérité de l'Ecole ;
et ces jeunes ce seront mes camarades et moi.
Nous, lycéens, qui sentons nos cœurs et qui connaissons nos homologues.
Je suis en mesure de dire que nous fûmes construits comme tous ceux que nous avons vus ;
j'ose croire que nous ne sommes détruits différemment d'aucun de ceux qui existent.
Si nous fûmes initialement autres, nous sommes dorénavant plus ou moins mêmes.
Si le gouvernement a bien ou mal fait l'Education dans laquelle elle nous a jetés,
c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
Que la trempette du jugement dernier pleuve des bulles en fin d'année ;
qu'importe, le lendemain, je viendrai, ce recueil à la main, me présenter face à l'éditeur.
Je dirai hautement : voilà ce que nous avons vécu, ce que nous avons pensé, ce dont nous souffrîmes.
J'ai chanté nos vraies vies je le jure,
quoique je n'ai su reprendre mot à mot ce qui fut dit,
quoique j'ai dû changer les noms et des détails par souci d'anonymat,
quoique j'ai pu me méprendre dans la pensée d'un autre.
Etre suprême, rassemble autour de nous l'innombrable foule de nos semblables et de nos Supérieurs ;
qu'ils écoutent mes chants, qu'ils se moquent de nos anecdotes, qu'ils gémissent de nos déprimes.
Que chacun d'eux découvre à son tour toutes nos souffrances d'adolescents dans toute leur Vérité,
et puis qu'un seul me dise, avec la même franchise que celle que j'ai mise dans cette entreprise :
l'Education Nationale est la meilleure des Ecoles possibles.
Il y a ceux qui ont passé une sale rentrée
Au moment de sa rentrée en 1e S, mon timide compatriote Alphonse Zanzanty d'Ote fut écarté
de tous ses amis car il avait changé de lycée. Quelle malchance ! Voilà qu'il se vit
condamné à être victime d'un stress horrible et d'une terrible angoisse. Une peur bleu.
Une peur qu'il rencontrera en fin d'année face au bac si monstrueux. Quelle poisse !
Seul en ce premier jour isolé aux confins de la classe il est bien plus occupé à déprimer de
la belle année qui l'attend qu'à écouter les belles paroles de Brin, prof sur l'instant.
Qui peut être plus malheureux ?
- Jan Grandis
- Excusez-moi, madame, c'est "ill-a-ne" "g-r-ai-ne-di".
- Y a grain de riz ?
La classe rit. Jan a honte. Honte de cette rencontre. Et en lui la haine monte.
"Gras me dit"
"Gramme dix"
"Grandis, Jean"
"Grain de riz chiant"
On les lui a toute faites et il en a marre. Il se met à déprimer tout en soutenant
que tout s'arrangera car l'Ecole est le meilleur système qui soit. Il se dit
surtout que ses mésaventures distraient les autres et que ces autres-là ils sont heureux.
L'année avance et tous jeunes en pleine adolescence vivent tour à tour des moments embarrassants.
Il y a ceux qu'on reçoit et qu'on envoie au lycée
Il est six heures et demi. Le réveil vient juste de sonner.
Fatigué Jean-Michel Largué met du temps à se lever. Sept heures passés.
Il se doit désormais d'accélérer. Toilette et petit déjeuner.
De chez lui il est enfin sorti il est sept heures trente-six.
Il voit le RER le devancer il doit désormais tracer.
Il court sprinte s'épuise... Quelle mauvaise journée !
Pourtant aujourd'hui est banal tant pour lui habituel est le retard.
Passager du Titanic voué au naufrage.
J'aimerais bien pouvoir me réveiller rapidement !
Eric Apic et Anthony d'Antony viennent tout deux en bus.
Ils viennent souvent ensemble et arrivent toujours trop tôt.
Vingt minutes et plus c'est forcément beaucoup trop.
La Belle au bois dormant attendant son prince en étant éveillée.
Deux jours tour à tour ils choisirent différentes astuces.
Eric imita Jean-Michel Largué et fut en retard. Le pauvre avait Tarien :
Comme il prit le bus d'après pris dans les embouteillages
La porte se referma il compris que cela n'allait se passer point bien.
"La porte est fermée et elle reste fermée !"
3 minutes de retard au départ et il arrive 28 minutes plus tard.
15 à attendre le transport + 10 dans les bouchons = tu es mort !
Anthony traîna. Il vit le bus passer il ne courut pas,
Roméo laissant Juliette se suicider sans réagir.
Roméo était déjà mort ? Anthony aussi !
Il rata son must et fut en retard. Bête d'Os ne l'accepta pas.
Quelle chance ont ceux qui vont au lycée en voiture !
Sylvie Débus vient au lycée en voiture mais elle rentre en bus.
Il est six heures et demi. Elle n'est pas encore rentrée.
Elle a fini à cinq heures passés. Elle n'est toujours pas rentrée.
Seule dans le bus pour un long trajet. Et la fatigue de la journée.
On n'est pas encore en hiver pourtant il fait froid il fait nuit.
Elle n'est toujours pas chez elle pourtant elle s'est dépêchée elle a tracé.
Elle est une comète glacée fonçant dans le vide intersidéral.
Et elle se dit qu'une fois chez elle il va falloir travailler...
Quelle chance ils ont ceux qui habitent à côté du lycée !
Caroline de Sceaux habite à côté du lycée pourtant deux choses la gênent.
De chez elle la cloche se fait entendre même quand elle n'a pas cours,
Rappelant les insupportables moments qu'elle affronte tous les jours.
Et puis à chaque fois qu'elle sort ce qu'elle voit c'est un détestable trésor,
Un bijou haïssable un coffre plein d'or source de toute les pires haines.
Le condamné observant le jour dernier la guillotine qui va l'exécuter.
La joie de sortir est vite transformée en la haine de voir la prison
Dans laquelle elle fut si souvent oubliée par l'Education.
Quelle malchance d'habiter si près du lycée !
Il y a ceux qui tombèrent malades
Un ignoble jour
Frédéric Veaummix qui avait son si monotone horaire
De 8 heures de malheur de cours
Avait à la vue deux exécrables contrôles consécutifs, la galère !
D'autant plus qu'il dégringola
Malade de la bouillie que la "cantine" lui jeta
Il eut une migraine irrationnelle et rata le premier des deux contrôles
Comme ça ne pouvait aller pire il alla à l'infirmerie entre les deux interros
On lui donna une dégoûtante pastille, ce fut bien insuffisant :
Il rentra chez lui souffrant tant lentement qu'infiniment
Et régurgita la pomme empoisonnée que des sorcières
Lui avaient offert.
Voyage au lycée
Voyage en Antarctique dans le désert de Sibérie les glaciers de l'Himalaya
Voyage à travers le glacial vent qui nous emporte dans le monde glacé
Dans les icebergs des mers septentrionales
Dans le froid sibérien dans le froid sidéral
Voyage là-bas à l'endroit où règne le verglas
La Baltique les Barents la baie d'Hudson les mers du Nord et de Beaufort
Les Alpes les Alpes scandinaves les Andes les Rocheuses l'Himalaya
L'Alaska le Groenland la Sibérie l'Arctique l'Antarctique
Et là voilà que Gaël Noêl un malade gars est assassiné, glacé par le froid.
Réception de contrôle
Jacques Tracques arrivé à 9 heures le lundi stresse fort
Quel note aura-t-il à son contrôle de maths ?
Hier soir déjà il a mal dormi et là il a peur alors...
Il en est malade
Un tour à l'infirmerie et un vomi et il reçoit enfin sa sale note salie.
Il y a celui qui passe chez le médecin dans un acte inventé
Scène 1. YOUSSOUF YEUSSOUF, MONSIEUR LE SUPERIEUR
MONSIEUR LE SUPERIEUR. J'ai à vous dire que je vous abandonne à votre mauvaise constitution, à
l'intempérie de vos révisions, à l'ambiance de vos angoisses, à la corvée de votre travail et à
l'évidence de votre échec.
YEUSSOUF. Il faut que je m'inquiète !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Et je veux que de suite vous tombiez sous mes ordres.
YEUSSOUF. Ah ! Miséricorde !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Que vous tombiez dans les efforts acharnés.
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Des efforts dans les longues soirées de corvée.
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Des soirées dans les insomnies répétitives.
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Des insomnies dans les fatigues chroniques.
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Des fatigues dans les délires abusifs.
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Des délires dans les ratés illicites.
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur !
MONSIEUR LE SUPERIEUR. Et des ratés dans les derniers soupirs de la joie, où vous aura conduit votre
folie.
Scène 2. YOUSSOUF YEUSSOUF, CHARLES BOL D'AIR, en médecin
BOL D'AIR. Donnez-moi votre pouls. Ouais ! ce pouls-là fait l'impertinent. Qui est votre professeur ?
YEUSSOUF. Monsieur le Supérieur.
BOL D'AIR. Cet homme-là est écrit sur mes tablettes entre les piètres profs. De quoi dit-il que vous
manquez ?
YEUSSOUF. Il dit que c'est d'un effort, et d'autres disent que c'est d'exercices.
BOL D'AIR. Ce sont tous des ignorants car c'est de stress que vous êtes malade.
YEUSSOUF. De stress ?
BOL D'AIR. Oui. Que sentez-vous ?
YEUSSOUF. Je sens de temps en temps à la tête des douleurs.
BOL D'AIR. Justement, le stress.
YEUSSOUF. J'ai quelquefois des maux de cœur.
BOL D'AIR. Le stress.
YEUSSOUF. Je sens parfois des frissons par tous les membres.
BOL D'AIR. Le stress.
YEUSSOUF. Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre.
BOL D'AIR. Le stress. Vous n'avez pas appétit à ce que vous manger ?
YEUSSOUF. Non, monsieur.
BOL D'AIR. Le stress. Vous ne mettez point en général moins d'un quart d'heure pour vous lever ?
YEUSSOUF. Non, monsieur.
BOL D'AIR. Le stress. Vous ne mettez presque jamais moins d'une demi-heure pour vous endormir ?
YEUSSOUF. Non, monsieur.
BOL D'AIR. Le stress, le stress, le stress, vous dis-je. Je suppose que votre professeur vous ordonne
les contrôles toutes les deux semaines, le travail tout le temps jours et nuits durant, la réflexion
pendant toutes les secondes.
YEUSSOUF. Oui, monsieur.
BOL D'AIR. Ignorantus, ignoranta, ignorantum ! Il faut vous reposer, vous relâcher, vous relaxer.
Travailler régulièrement, cela signifie chaque jour un peu. Discuter souvent, cela signifie voir vos
amis. Vous divertir fréquemment, cela signifie jouer et rire.
YEUSSOUF. Je suis désolé Monsieur Bol d'Air, mais cela me semble bien impossible vu les obligations de
travail que j'ai. Il m'est impensable de ne pas souffrir.
BOL D'AIR. J'en suis outré ! Vous savez tout comme moi qu'on n'a qu'une vie et qu'on ne peut
sacrifier les
trois quarts de cette vie à travailler quitte à pouvoir décompresser en fin de vie, surchargé par le
surpoids de travail qu'on a donné durant toute la vie. Il vous faut vivre. Cela vous est impossible
à cause de Monsieur
le Supérieur ? Je tâcherai de lui écrire quelques jolis poèmes qui tenteront de modifier
son esprit sadique ; avec l'espoir, que de là-haut, le roi de l'au-delà entendra.
Il y a ceux qu'on voit en cours
Histoire. 16h00. Julien Sanrien n'a pas son devoir sur lui.
Vincentim : "M Sanrien, vous n'avez donc pas fait votre travail ?"
Fier de sa découverte historique et maléfique, le lieutenant-caporal crie,
hurle :
"Bon, bien... bah, oui ! Je punis tous ceux qui n'ont pas fait leur travail..."
Elle se promène dans les rangs désordonnés et s'arrête à Mlle Jeanne-
Catherine Lamessi.
Elle baisse la voix : "- Avez-vous là votre travail ? - Je l'ai oublié chez
moi..."
Le contre-exemple qui infirme l'hypothétique incertaine proposition.
Evidemment, Vincentim ne punira personne.
Mahématiques. 11h30. John Sassone a fait son exercice.
Saumon : " M Sassone, comment avez-vous fait le travail, hein ?"
Bloqué dans son enfantin et trivial exercice, par John il se fait aider,
expliquer :
"Hein ? Oui ! Gentiment, sans douleur ! CQFD... Ce qu'il fallait
démontrer !"
Quelques semaines plus tard Saumon explique une démonstration mais
personne ne comprend.
Loïc Sanzhic : "- Monsieur, j'ai fait différemment. - C'est juste mais
c'est pas mieux, hein !"
Le prof lâche un rire étonnant et moqueur rabaissant le travail acharné
de l'élève.
Evidemment, Saumon pour toujours arrogant.
Il y a ceux que les TP de chimie firent souffrir
On est lundi au mois de septembre pourtant on se croirait au mois du
doute
Un mois d'août où pourtant il pleut des feuilles avec des contrôles et des
cours
Comment courir sans glisser sur le sol détrempé sinon être persécuté de
clous ?
La première règle est de ne jamais faire comme mes amis lorsqu'ils
oublient leurs grises blouses
Quand on a dans la journée de prévu un TP au risque de devoir voir
arriver une grise mine et une peur bleue
Ce jour-là Jean-Claude Renaud
Maxime Danlabym
Yoann Oubliman
Josiane Oubliwoman
Bernadette Oubliette
Militaires de grande guerre sans arme meurtrière
Chimistes de laboratoire sans blouse ce soir
Le Dictateur Brin n'accepte pas
Le va-et-vient des blouses qui tantôt divergent tantôt affluent
Le flux et le reflux
Refus
Renvoi
Exclusion
Aussitôt engagés aussitôt déchus
Ils ont eu un gros zéro je crois
Ah ! si je savais qu'elle supprimait les sans-blouse sans hésitation !
Brin décide aujourd'hui de faire un TP de physique sur l'ordi sur le
logiciel Regressi
Régression intellectuelle conséquente
Comme en ce lundi pour Joe Alo
Le jeune homme épuisé en fin de journée dut faire cet abominable TP
Entrer les données sur Regressi
Un logiciel qu'il ne lui avait jamais réussi !
Après de nombreux essais avec des aides et des demandes d'aides de
toute part
Il réussit cette première mission mais il y en avait une seconde à
première vue anodine : imprimer
Joe avait compris Regressi et alla aider ses amis mais la fin du TP
approchait et l'impression n'était pas sortie sans toutefois donner
l'impression au généreux homme de ne pas avoir achevé son TP
Et là le mal s'abattit
Quand un malin responsable
Eteignit l'ordi
J'ai eu là la pire malchance !
Chimie
Lui a sa blouse mais lui aussi touche la bouse
Mehdi Anvi n'est pas allé au moment du déjeuner dans la zone non
dallée loin d'allées
Et l'urine lui monte au nez surtout lors de son pire TP de l'année pour
lequel point prêt il n'est
Dans un bruissement d'écoulement d'eau sans que le temps ne s'écoule
Il doit se retenir
Cette envie est née dur de la calmer d'autant qu'il y a le TP à terminer
S'il s'enfuit pour faire ses besoins le tyran tyrannosaure Brin le mangera
Il ne doit se lâcher
Il ne doit se laisser aller
Le ressac le plouf la goutte qui tombe dans un mélodieux
Son si sain si sourd c'est sûr c'est fou ces heures suisses cette science ce
stressant stress il se sent sans chance c'est vrai qu'il suffit qu'il ne
fléchisse pas face à cette puissance dévastatrice mais s'il se pissait
dessus c'est chaud cette chaude chaleur cette souffrance de
l'adolescence ça brûle c'est ce coucher du soleil si strictement
insupportable
Et le TP tombe à l'eau
J'ai là vécu les pires maux !
Toujours un lundi et toujours une histoire en chimie
L'Histoire de nos tourmentes
Le tournant de nos histoires
Car ne perdons pas de vue que notre immédiat passé déterminera notre
avenir bien lointain
Sébastien Sépasbien est à la bourre
Comme bourré par des solutions acidifiées
Par un sujet pourtant basique
Le TP est long cela fait déjà deux heures qu'il rame dessus et ça le saoule
Heureusement bonne nouvelle
Le compte-rendu est à rendre la semaine prochaine
En sortant du TP sa tête est surchargée mais il est soulagé
Et le dimanche qui suit
Retour à ce TP et par la même occasion à l'ennui
Il se creuse la tête qui le remercie en lui offrant des maux qui ne peuvent
former de phrases
La nuque le fait mal la main le fait mal la réflexion le fait mal
Il souffre pourtant il se bat
Il se bat pour réussir ce TP qui l'abat
Et au bout de deux longues heures d'interminables souffrances et de
batailles sans fin
Il achève l'ennemi
Sébastien va le lendemain à un TP de physique sur les ordinateurs
Le TP est long et à la fin des deux heures il n'a pas fini
Stressé il tente de passer la seconde pour rendre son TP d'aujourd'hui
Brin bavasse mais Sébastien n'écoute pas car il est en vue de l'arrivée
Il suppose bien sûr que Brin demande qu'on rende le TP
Mais il est plus occupé à ranger le matériel et à éteindre le PC
Tout le monde est déjà parti il ne reste plus que lui
Dans un dernier effort il rend sa copie... d'aujourd'hui
Celui-ci ne sera pas noté mais le TP de chimie qu'il fallait rendre et qu'il
point ne rendit l'était sur 20 et alors qu'à midi il avait aidé un ami à
le finir et qu'il l'avait sur lui il ne put le rendre que mercredi
Brin n'accepta pas ce retard
Qu'a-t-elle fait ? Zéro bien sûr !
Sébastien comprit qu'il avait littéralement souffert quatre heures inutilement
Il y a celui qui vous rappelle le but de ce poème
Sous un air de Cendrars
Dans le but de Rousseau
Avec la critique de Voltaire
Moi, Bol d'Air, exige que les Supérieurs nous voient
Qu'ils arrêtent de se prendre pour Dieu ;
Qu'ils arrêtent de nous voir de tout haut de nous juger ;
Qu'ils arrêtent de se prendre pour Hitler ;
Qu'ils arrêtent de nous stresser de nous commander de nous mépriser ;
Qu'ils arrêtent de se prendre pour Big Brother ;
Qu'ils arrêtent de nous épier de nous enfermer de nous déprimer ;
Qu'ils arrêtent de se prendre pour le Prométhée moderne ;
Qu'ils arrêtent de nous robotiser de nous cloner de nous tuer ;
Qu'ils arrêtent de se prendre pour politiciens du meilleur des mondes ;
Qu'ils arrêtent de nous morceler de nous conditionner de nous droguer ;
Moi, Bol d'Air, vous prie, vous, lecteur, de vous délecter à lire en entier
ce long, fastidieux et ennuyeux poème pour
Que vous puissiez ressentir ce que mes amis et moi ressentons
Que vous puissiez être à votre tour langoureux, fatigué et ennuyé
Sentir ce que nous sentons vous aidera à sentir que la philosophie du
gouvernement manque de sens ;
Moi, Bol d'Air, écris afin qu'enfin ils nous comprennent qu'à la fin ils
aient vu les défunts ados dans les confins de toute leur Vérité
Qu'ils nous reconnaissent comme de vrais êtres Vivants, comme de vrais
Humains êtres
Qu'ils nous reconnaissent J-J Ruisseau Pâle Vervaine Simone de Bavoir
Cornouille les autres et moi Charles Bol d'Air en tant que poètes
Car bien que je ne sois toujours pas allé jusqu'au bout
Que je ne sois encore qu'un fort jeune poète
Et que l'Ecole me déborde ;
Je pense j'ose croire
Et je suis.
Il y a ceux qui passèrent l'oral
O Tarien
Le grand roi comme le dit Ruisseau
O Tarien
Le Dieu omniscient tel qu'aveuglément de mes propres yeux je l'ai vu
Cyril de Vil, tu l'as interrogé ; et vite, lui poser une colle tu as du
Tu l'as humilié comme d'habitude
Tu l'as ridiculisé en plus
Pourtant il t'as répondu
D'une hésitante phrase juste
Et là tout de suite dans ton humble cerveau tu as lu
Qu'on lui avait dit et qu'il avait entendu
(Ce qui fort faux fut)
Aussitôt l'as-tu
Refait faire ce que dans le passé il avait su
Et tu l'as eu :
Dans le silence complet on a tous cru
Que Cyril aurait pu
Répondre aux questions aussi bien qu'il l'avait su
Mais il a un peu moins bien répondu
Et tu le savais tu en étais convaincu
Et la note qu'il mérite il l'eut
Romain Laivemain et Christian Lachans
Sont tout deux d'excellents élèves d'anglais, peut-être les meilleurs
Leur niveau se reflète généralement dans leurs contrôles d'ailleurs
Tout deux lèvent aussi souvent la main et étant donné qu'il semblerait
admirablement
Que Bête d'Os noterait de manière plutôt scientifique
Donnant des appréciations dont la justesse serait magnifique :
C'est tout à fait logiquement que tout deux n'ont pas la même note ; l'un
a 6 l'autre 9 sur 10
Il y a ceux qui passèrent l'écrit
Lucien Traibien est bilingue, il parle excellemment l'anglais
Quelle chance il a ! Comme il s'amuse !
Sa prof rend les contrôles de russe
Elle se tourne vers un Hélène Hélaène :
"C'est catastrophique, je m'inquiète.
Que vous est-il arrivé ? C'est un raté complet !"
Lucien Traibien a envie de rire
Lucien Traibien a envie de se retenir
"Je ne comprends pas comment vous n'avez pu avoir que dix"
Hélène Hélaène fessée a la tête baissée
Juste après Lucien Traibien voit sa feuille déposée
Sans un commentaire il observe son magnifique
Décevant huit il est abattu par cette note si...
O Tarien
Impérial type qui ne se trompe pas
O Tarien
Divin bonhomme qui aime monter la voix
Sylvain Tucrin croyait qu'au vingt-et-unième siècle,
C'est-à-dire dans le futur de ton grand temps,
On jouait au tennis dehors.
Quelle bûche ! Quel boulet !
Il est évident qu'on joue dedans.
Tu l'as bien sûr corrigé et compté fort faux.
Il est venu te voir pour se plaindre,
Tu n'as pas bronché car tu sais que tu ne t'es pas trompé, tu es divin.
Quand tu redonneras ce contrôle
(Pourquoi donc te creuserais-tu la tête à en créer un autre?)
Tu n'oublieras pas de modifier vingt-et-un en vingt-deux !
Le brin codant, le brin transcrit
Ces deux expressions, Otarie
Les a hurlées, gueulées, dictées
A ses sages élèves détestés
L'élève Louis Trahi a repris
Le terme "codant" dans sa copie
- Votre contrôle, vous l'avez raté,
Car jamais je n'ai usité
"Codant", jamais je ne l'ai dit,
Jamais dicté, jamais écrit !
Autre contrôle d'Otarie
Composé de 2 parties
"Faites vite la première partie, une page suffit."
Paul Antôle finit ainsi vite cette première partie
Pour se précipiter sur la suite.
Deux semaines passèrent avant qu'Otarie
N'offre à ses élèves un second contrôle identique
Paul traça le grand un
(Rebelote la bonne note ?)
Et le lendemain enfin
Otarie rendit les copies
Vieilles de quinze jours, Paul eut quinze sur trente et fut enragé car le
fameux grand un était sur quatorze et il y eut quatre.
Otarie, loin de rester de marbre, semblait heureuse d'offrir une note si
jolie.
Compact Disc nous impose 2 titres de 2 des 3 indispensables parties de
commentaire qui sont le temps qui coule et les choses pérennes
Nous devons deviner la 3ème
Le texte est "Soleils Couchants" de Victor Hugo
Arnaud Seffo
Choisit la Nature au grand 3
Or la faute à cela
Ce sont 4,5,6 points qu'il perdra
Ah ! S'il savait qu'il avait tort
Il aurait sans doute chanté fort :
Ici je tombe de haut
C'est la faute à Ruisseau
Là je passe à travers
C'est la faute à Bol d'Air
Ici non au gros lot
C'est la faute à Ruisseau
Là je perds cette saine guerre
C'est la faute à Bol d'Air
Ici je deviens sot
C'est la faute à Ruisseau
Là je rate ma carrière
C'est la faute à Bol d'Air
Ici je perds trop gros
C'est la faute à Ruisseau
Là direction misère
C'est la faute à Bol d'Air
Il y a celui qui observe les Supérieurs
Moi, Bol d'Air, suis un élève de cette classe
Cette classe folle, cette classe banale,
Et j'ai observé comme mes camarades mes Supérieurs
Mes Supérieurs fous, mes Supérieurs banals.
Pourquoi donc Compact Disc nous donne-t-elle des devoirs maisons ?
Pour qu'on ait des bonnes notes ? Non.
Pour qu'on s'essaie, je suppose que c'est plutôt cela, aux commentaires
et aux dissertations.
Pour qu'on s'entraîne à l'invention.
Pourtant ces devoirs sont de même coefficient qu'un contrôle sur table
ou qu'un bac blanc,
Ce qui ne donne pas envie de s'essayer
Découverte de l'art par la fermeture d'esprit, n'y a-t-il pas un hic ?
Premier trimestre : Vincentim nous a fait des contrôles "faciles",
Puis tout à coup des dissertations soudaines sans qu'on ne soit prévenus
au second.
Conséquence : une note qui fait tâche.
Conséquence : une moyenne qui fait tâche.
Celui qui sélectionne les futurs prépas ne voient pas le pourquoi de ces
tâches...
Celle qui enseigne la justice crée l'injustice, n'y a-t-il pas un hic ?
En ce lundi Otarie a promis de rendre les contrôles.
Elle ne rend pas les copies mais propose qu'on regarde les notes.
Trois notes manquent. Elle explique qu'elle les a oubliées sur son bureau.
Le lendemain en TP, elle dit qu'elle n'a pas retrouvé les interros,
Et soudain, comme par magie, elle les retrouve au fond de sa sacoche.
Pendant qu'on travaille, elle les corrige et annonce les notes.
En ce qui concerne cette anecdote,
J'émets l'hypothèse qui d'après moi est la plus plausible :
Je ne vois comment expliquer différemment si ce n'est de dire qu'Otarie
Ne les avait corrigées et créa un mensonges bien vil,
Si vous le voulez, traitez-moi de mauvais esprit,
Mais je sens que mon hypothèse est la vérité.
Supposez-la vraie,
Lumière de la Vérité qui ment, n'y a-t-il pas un hic ?
Brin est sans doute une de nos meilleures profs
Pourtant elle énerve, outre par ses contrôles trop longs.
Car sa correction est souvent bourrées de fautes,
Elle s'est trompée dans tout un exo de la première interro,
Et encore dans les chiffres significatifs du troisième contrôle.
Correcteur qui devrait être corrigé, n'y a-t-il pas un hic ?
En physique, nous manquons d'outils de géométrie,
Nous allons donc voir l'arrogant Saumon, lui priant de nous faire de la
géométrie, chose qu'il ne nous a jamais apprise.
Il répondit, tentant de battre son record du plus grand nombre de mots
par seconde :
"Que voulez-vous ? Le produit scalaire ? Voyons, c'est trivial ! C'est enfantin ! Il suffit de faire le
produit des normes des vecteurs que l'on multiplie par le cosinus de l'angle qui les sépare ! Ah non !
C'est trivial ! Vraiment ! Et si c'est dans un repère, il suffit de faire le produit de la différence
des coordonnées respectives, concrètement x du point de départ moins x du point d'arrivée fois y du
point de départ moins y du point d'arrivée et vous mettez la valeur absolue ! C'est trivial ! Hein ?
Le cours de géométrie est fini ! On passe aux suites !"
Professeur qui ne pratique pas sa profession, n'y a-t-il pas un hic ?
Il y a celui qui conclut sous un parfum non exotique
Quand, les deux yeux se fermant durant l'heure de cours,
Je respire, ressens l'ennuyeux peu chaleureux,
Vois rouge, écoute l'Adulte et suis malheureux,
Noircissent les feux de l'heure mon cœur, le meurtre en cours.
Je respire des parfums non exotiques qui donnent
Des têtes ramollies et des cerveaux démolis,
Des hommes dont l'esprit est à la mélancolie
Et des femmes dont l'œil par sa fatigue étonne.
Egaré par d'affamés yeux exorbités,
De drôles d'ordres, de colossales colles des Supérieurs,
Outre dans mes rêves, je sens des douleurs m'habiter,
Et pendant que les mélodieux bruits d'Adulte passent,
Circulant dans l'air et m'amenant vers l'ailleurs,
Se mêlent en moi les âmes des amis qui trépassent.
Charles Bol d'Air