Rigueur

De la rigueur. Il faut de la rigueur pour passer une parfaite heure. De la rigueur pour les élèves. Qu'ils arrêtent de rire donc, qu'ils aient une concentration plus grande. Et ils s'accrochent. Difficilement. Perdus dans les méandres de la physique, dans un travail où leur seule puissance ne suffit à compenser ni le poids d'Archimède ni la force de Newton ni la vitesse de ce cours.

De la rigueur pour des élèves tétanisés par leur idole qu'ils n'idolâtrent pas : Brin. Ils cherchent à faire ce qu'elle prétend être parfait, pour réussir les contrôles. Faire ce qu'elle fait, pour parfaire une note médiocre. Mais comment savoir ce qu'il faut faire s'ils n'ont pas un référentiel précis de ce qu'elle fait si parfaitement ? La conductivité de ce cours est très faible.

De la rigueur pendant ses corrections, elle en manque en effet ! Au tableau, elle écrit, frotte, réécrit, dans un frottement continu, dans des notations, des annotations, des abréviations impropres à la physique. Et elle se trompe. La réaction des jeunes supporters, que sont les sifflets et les huées, n'est-elle pas normale, si elle les saque, si elle les casse, à la moindre faute de leur part ?

De la rigueur, elle en manqua dans sa correction de la première interro, pourtant tapée à l'avance. Elle s'était carrément trompé dans un problème de carré et de cube. Comment faire confiance à une enseignante dont le Test Pratique a montré des erreurs continues, mélangeant alternativement les équations à cause de l'intensité du cours et de la tension avec les élèves.

De la rigueur ! Elle qui n'en a pas, comment la croire quand elle dit : "Je vous demande de me croire" ? Comment savoir, si elle se trompe ou si elle a raison ? Dur de lui demander, car ils ont la peur de se faire tourner en dérision à la moindre faute, au moindre signe, au moindre chiffre significatif, dans une direction inattendue, dans un sens opposé. Donnez-nous une solution !

De la rigueur, c'est ce qu'il faut à l'Education Nationale. Qu'elle contrôle, qu'elle encadre mieux chacun des cadres de nos salles de classe, car ils pourraient bien nous apprendre à ne plus comprendre, involontairement, sans qu'ils ne puissent à l'évidence se rendre. Il faut un contrôle "collant", c'est-à-dire constant, comparable à ceux que ces mêmes profs nous collent en continu.

Charles Bol d'Air