Travaillons !

La vie est belle
Petit et ignorant, à la maternelle
Enfant et déjà amère, en primaire
Adolescent au collège, ensuite au lycée
Puis vient le temps d'être étudiant,
Un métier plus que prenant...
Et enfin une nouvelle aire
L'aire du Travail, fausse pause, trêve apparente
Où le stress nous compresse, nous hante
Une vie active mais déjà décevante
Où la compétition fait rage dans toutes les professions
Aucune solution
Sinon attendre la retraite
Annonciateur de la mort,
Ange de la décrépitude,
Où les habitudes vous tuent
A petit feu dans l'oubli vous tombez
Les abîmes se rapprochent
"Qu'ai je accompli durant ma vie ?"
Avec stupeur, on pleure de douleur sur son malheur
On croyait avoir réussi... Mais à quel prix ?
Le travail nous a volé la vie
Hélas il est trop tard
Notre heure a sonné
Et on s'en va aigri
Meurtri par la vie
Quel paradoxe !
Elle qui se voulait si douce
On devait passer son enfance dans la plus pure innocence
On était voué à une existence
Dont la plaisance aurait due être chose courante
Au lieu de cela,
L'on se vante
Trop de paroles pédantes
Qui prouvent une soi-disant intelligence
Toujours est-il, que nous,
Insatiables assassins
Avons chacun
Tué notre vie,
Assommée, écrasée, démembrée
Par notre dure labeur
Par trop de travailleurs
Dont l'intérêt avoué:
La réussite professionnelle...
Péché originel ?
Sûrement pas pour notre société..
Mais peut elle seulement changer ?
Car
Nous avons reçu le plus beau cadeau du monde:
La vie
Mais nous l'avons pourrie, anéantie.

J-J Ruisseau